*HUB «DIGITAL DIPLOMACY» «DIPLOMATIE NUMERIQUE»* BY MORGANE BRAVO

Thursday, November 29, 2007

*Un référendum sur l'UE au Danemark ?*

***En 1993, le Danemark a accepté le traité de Maastricht un après le rejet de ce texte par référendum. Le pays avait alors obtenu quatre dérogations (monnaie unique, défense commune, coopération judiciaire et citoyenneté européenne). Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen souhaite désormais organiser un référendum sur ces dérogations, un vote dont dépendra l'adhésion du Danemark à la zone euro. Le journal suggère de séparer les questions. "Il semble que la meilleure solution soit de se prononcer au même moment sur ces dérogations, mais dans le cadre de référendums séparés. Cela va nous permettre de sortir de la logique du oui et du non qui a marqué les scrutins précédents. (...) Peut-être allons-nous enfin comprendre que l'UE est un moyen de poursuivre et d'atteindre des objectifs politiques concrets. Qu'est-ce que nous voulons, et qu'est ce que nous ne voulons pas ? Nous aurons déjà fait un grand pas si nous parvenons à l'apprendre à l'occasion du prochain scrutin."

Politiken (Danemark)
Courrier International

*Norman Manea loue les bienfaits de la diversité de l'UE*

***L'écrivain roumain Norman Manea pense que l'Europe doit rester exemplaire face à la polémique suscitée après les mesures d'expulsion de ressortissants roumains adoptées en l'Italie. "Amplifier le caractère déjà tragique d'un crime individuel par une sanction collective visant l'ensemble d'une communauté constituerait un acte hautement irresponsable et lourd de conséquences néfastes, pour les victimes aussi bien que pour la communauté d'où le coupable est issu. (...)

Depuis quelque temps, des voix facilement exaspérées tendent à s'élever contre l'Europe et les problèmes nouveaux que sa réunification engendre inévitablement. La libre circulation ouvre aussi sur une coexistence mutuellement bénéfique (...). L'Europe mérite de devenir une communauté réelle, à la hauteur de la civilisation qu'elle incarne. Diverse, démocratique, spirituelle, libre et prospère. Un continent exemplaire."

Le Monde

Wednesday, November 28, 2007

*La Chine et l'UE dialoguent à Pékin...*


***Des dissensions font jour au sein de l'UE sur la position à adopter face à la Chine. Les sujets de tension se multiplient également entre Pékin et le bloc européen, notamment sur la question du faible cours de la devise yuan ou celle des droits de l'Homme. Ce contexte pèsera sur le sommet Chine-UE qui se tient à Pékin ce mercredi 28 novembre.

France - International Herald Tribune
"La 'lune de miel' entre l'Europe et la Chine est terminée", estime David Shambaugh, directeur du centre d'études chinoises à l'Université George Washington. "L'arrivée de nouveaux dirigeants au Royaume-Uni, en France et en Allemagne a également contribué à ce changement d'humeur. Les flagorneurs Tony Blair, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont cédé la place à Gordon Brown, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, plus sceptiques à l'égard de la Chine. (…) Ces changements laissent les observateurs chinois perplexes. Habitués à voir l'Union européenne dans le rôle du soupirant faisant sa cour, ils ont du mal à expliquer le revirement européen. (…) Le sommet du 28 novembre entre la Chine et l'Union européenne risque donc de se dérouler dans une atmosphère tendue. Les deux parties tenteront certainement de faire bonne figure, mais il faut s'attendre à ce que l'acrimonie persiste, chacune des parties essayant tant bien que mal de faire face à des relations de plus en plus compliquées."
(27.11.2007)

Suisse - Neue Zürcher Zeitung
"Comme de nombreux industriels, les représentants de l'UE espèrent que l'Empire du Milieu se montrera bientôt plus tolérant envers les revendications étrangères, et que les dirigeants chinois réaliseront qu'ils peuvent ainsi mieux servir leurs propres intérêts", écrit Peter A. Fischer à l'occasion du sommet UE-Chine. "Le président chinois Hu Jintao a annoncé à plusieurs reprises qu'il souhaitait agir en faveur d'une croissance économique plus durable et plus écologique. A cette fin, non seulement la Chine a besoin de faire davantage appel à la technologie occidentale, mais elle doit s'intégrer le plus en douceur possible sur le marché mondial, améliorer la sécurité juridique et limiter au maximum les subventions accordées au secteur énergétique national. Toutefois, l'UE devra d'abord démontrer comment elle entend manier la carotte et le bâton avec une Chine de plus en plus sûre et fière d'elle-même."
(28.11.2007)

Espagne - El País
"Nicolas Sarkozy continue d'ajouter des lignes à son curriculum vitae de brillant négociateur", explique le quotidien après la visite réalisée cette semaine par le président français en Chine. A cette occasion, plusieurs contrats record ont été signés par les industries nucléaires et aéronautiques françaises. "Il n'y a pas de mystère derrière de si fabuleux contrats. Sarkozy s'est fortement impliqué dans les négociations, les objectifs économiques étaient clairs et la diplomatie française a réagi, comme toujours, avec un discret pragmatisme par rapport aux exigences fixées par les autorités chinoises. Les autres gouvernements européens ne peuvent pas en dire autant."
(27.11.2007)

Allemagne - die tageszeitung
Selon Georg Blume, correspondant du quotidien en Chine, l'Occident commet "une grave erreur" en exigeant une réévaluation du yuan auprès du gouvernement chinois. "C'est pourtant l'erreur commise ces derniers jours par le président Nicolas Sarkozy et le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, en visite à Pékin. Ils suivent le raisonnement erroné de nombreux membres du gouvernement américain : les exportations chinoises nuisent à notre économie. Ainsi, pour des considérations populistes, ils risquent d'enrayer le moteur de la croissance économique mondiale. Depuis dix ans, les exportations à bas prix de la Chine ont contribué pour l'essentiel à la déflation et à la stabilisation économique en Occident. (...) Seul l'énorme marché intérieur chinois peut équilibrer durablement les flux commerciaux. Pour que cela soit possible, l'Occident et la Chine doivent lutter ensemble contre le risque d'inflation qui sous-tend la crise du dollar, au lieu de se quereller à propos des cours du change et des déficits commerciaux."
(28.11.2007)

Italie - La Repubblica
"L'Europe va à Pékin tiraillée entre business et droits de l'homme" note l'éditorialiste Federico Rampini. "Une armada de chefs d'entreprises européens envahit Pékin en désordre mais animée d'intentions belliqueuses. Objectif numéro un : endiguer les déficits commerciaux avec la Chine qui croissent au rythme de 17 millions d'euros par heure et exacerbe l'impatience des entreprises européennes. (…). Ce déséquilibre est accentué par la sous-évaluation de la monnaie chinoise. C'est pour débattre du sujet qu'à quelques heures d'intervalle ont débarqué à Pékin, Nicolas Sarkozy, une troïka européenne inédite, (Jean-Claude Trichet, Jean-Claude Juncker et Joaquin Almunia) et le commissaire européen au Commerce extérieur, Peter Mendelson. Seule la visite de Nicolas Sarkozy avait un contenu politique. Mais en rencontrant le chef de l'Etat chinois, le président français a fait une déclaration sur les Droits de l'homme que l'on ne peut pas qualifier d'explosive."
(28.11.2007)

Eurotopics

Tuesday, November 27, 2007

***Les européens ont-ils raison de réclamer une réévaluation du yuan?***

***Le président de la BCE, celui de l’Eurogroupe et le commissaire européen aux affaires économiques se sont rendus à Pékin pour convaincre les autorités chinoises de réévaluer le yuan. Pour l’économiste Patrick Artus, cette demande est « imprécise et dangereuse ».

Explications

Faut-il vraiment espérer le succès des représentants de la zone euro ? Le patron de la Banque centrale européenne, celui de l’Eurogroupe et le commissaire européen aux affaires économiques se sont rendus mardi à Pékin, pour une démarche inédite. Durant deux jours, ils s’efforceront de convaincre les autorités chinoises de réévaluer le yuan. L’Europe, tout comme les Etats-Unis, reprochent à la Chine d’entretenir artificiellement la faiblesse de sa monnaie dans le but d’avantager ses exportations. Ce qui se traduit pour les pays occidentaux, accusent-ils, par un déficit commercial bilatéral de plus en plus important.

« L’intérêt de cette visite est d’ajouter le poids de l’Europe à celui des Etats-Unis qui jusqu’à présent étaient les seuls à faire pression sur Pékin », expliquait récemment sur notre site Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE. Lundi, Nicolas Sarkozy a également abordé la question monétaire lors de sa visite d’Etat. Le président français a demandé à son homologue chinois « un taux de change harmonieux et honnête ». « Dans son propre intérêt, la Chine devrait accélérer l’appréciation du yuan vis-à-vis de l’euro », a-t-il plaidé. Mais en guise de réponse, Nicolas Sarkozy a essuyé un refus poli. Son homologue Hu Jintao a laissé entendre que la Chine déciderait de l’appréciation du yuan « à son propre rythme ».

Est-ce une catastrophe pour autant ? Nombre d’économistes, au contraire, jugent la demande des dirigeants européens « imprécise et dangereuse », selon les mots de Patrick Artus. Parce qu’elle pourrait bien provoquer un « effondrement du dollar », sans rien changer à la hausse de l’euro. Economiste chez Natixis, Patrick Artus a analysé la politique de la Banque centrale chinoise, dans une étude publiée mardi. Jusqu’en 2005, Pékin maintenait une parité fixe du yuan avec le billet vert en achetant massivement des bons du Trésor américain. Depuis cette date, la monnaie chinoise est arrimée à un panier de devises. Pour renforcer leur monnaie vis-à-vis du dollar, les autorités chinoises ont diversifié leurs actifs et achètent de moins en moins de titre américains.

La poursuite de cette démarche, autrement dit « l’arrêt du soutien du dollar par les banques centrales conduirait à un effondrement du dollar y compris vis-à-vis de l’euro. Il n’est donc pas du tout dans l’intérêt des Européens de réclamer une plus grande flexibilité du régime de change en Chine », insiste Patrick Artus. Selon lui, « la seule contribution efficace de la Banque centrale de Chine serait d’acheter moins de titres en euros et d’avantage de titres en dollars, c’est à dire de cesser de traiter l’euro comme une monnaie de réserve ». Soit revenir à ce qu’elle faisait auparavant. D’autant que le bénéfice d’une réévaluation du yuan n’a rien d’évident. La Chine se caractérise par ses très bas salaires. Aussi, « son avantage compétitif est tel qu’il faudrait de très fortes hausses du taux de change du yuan pour que l’équilibre commercial se reconstitue » avec les Etats-Unis et l’Europe, faisait remarquer récemment le directeur des études du Crédit agricole, Jean-Paul Betbeze.

L'Expansion
27/11/2007

Wednesday, November 21, 2007

*Les Européens ont la parole : Que savez-vous sur l'Union européenne ?*


***Que savez-vous sur l'Union européenne ? Quelles sont vos connaissances sur la politique internationale en générale ? Comme 3 500 Européens interrogés dans le cadre de l'opération "Tomorrow's Europe", répondez et mesurez-vous aux autres citoyens des 27 pays européens.

* Quiz : testez vos connaissances sur l'UE !

A-t-on jamais mis dans une même pièce des habitants de tous les pays de l'Union européenne pour qu'ils discutent ensemble de l'avenir de l'UE ? Non. Un Allemand a-t-il déjà parlé de l'UE avec un Espagnol ? Plus globalement, les citoyens des pays de l'UE ont-ils déjà abordé le sujet avec leurs homologues ? Pour quasiment la moitié d'entre eux, la réponse est "non". Partant de ce constat, le laboratoire de pensée dédié à l'unité européenne "Notre Europe" a voulu confronter les opinions des habitants des 27 pays membres sur la manière dont ils voyaient leur futur. L'opération est baptisée "Tomorrow's Europe".

Avec la Sofres, "Notre Europe" a ainsi lancé un grand sondage dit "délibératif" auprès de 3.500 personnes représentatives de la population européenne. Elles ont tout d'abord répondu à une trentaine de questions sur l'économie, la protection sociale la stratégie de défense ou encore les institutions. Parmi ces 3.500 personnes, 400 ont été sélectionnées pour participer à un forum qui se tient ce week-end au Parlement européen à Bruxelles. En présence de personnalités politiques de premier plan comme José Manuel Barroso, le président de la Commission, ou encore Valéry Giscard d'Estaing, elles débattront en petits groupes et en séance plénière des différents thèmes abordés dans le sondage et plus globalement sur le rôle de l'UE face à la mondialisation et sa place dans le monde.

Surtout, après le forum, elles répondront à nouveau au sondage, avec exactement les mêmes questions. C'est là l'originalité de la méthode du "sondage délibératif" : "il permet de mieux comprendre les attentes d'une population donnée -en l'occurrence ici le rôle que les citoyens veulent que leurs gouvernements et/ou l'UE jouent ou non sur la scène internationale- après qu'ils ont eu la possibilité de se réunir, d'obtenir des informations équilibrées et d'en discuter entre eux". Comment le point de vue des citoyens ordinaires de l'UE aura-t-il évolué ? Le résultat de "Tomorrow's Europe" sera publié mercredi prochain, à la veille du sommet européen de Lisbonne qui s'annonce crucial puisqu'il doit valider le "mini-traité" chargé de remplacer la défunte constitution.


RENDEZ-VOUS
LCI.fr s'associe à "Tomorrow's Europe" et diffusera tout au long du week-end les résumés des débats. Rendez-vous dès samedi matin.

LCI
*** Lien ci-dessus!

Friday, November 16, 2007

***Première réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur les migrations ***

***Avant premiére II : Première réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur les migrations - Albufeira (Algarve), les 18 et 19 novembre 2007

C'est dans le cadre de la présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne que se tiendra la première réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur les migrations, à Albufeira (Algarve), les 18 et 19 novembre prochains.

Cette réunion ministérielle, qui sera présidée par le ministre portugais de l'Intérieur, Rui Pereira, rassemblera le vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, les ministres européens chargés des migrations et leurs homologues de l'Algérie, de l'Autorité palestinienne, de l'Egypte, d'Israël, du Liban, du Maroc, de la Syrie, de la Tunisie et de la Turquie, ainsi que de la Lybie, celle-ci en tant qu'observateur.

Le partenariat euro-méditerranéen a permis, depuis 1995, de renforcer considérablement les relations ayant trait à divers chapitres - politique et sécurité; économique et financier; social, culturel et humain - à l'avantage mutuel des parties.

Cette réunion, qui porte tout particulièrement sur les migrations, constitue un pas supplémentaire et fondamental visant à consolider les relations sur le volet social et humain.

Les migrations ont constitué un des domaines prioritaires tout au long de ce semestre-ci, plusieurs initiatives s'y sont attelées, que ce soient en ce qui concerne les migrations dites régulières ou la prévention et le combat à l'immigration clandestine. C'est, respectivement, le cas de la conférence de haut niveau sur l'immigration régulière, qui s'est déroulée en septembre 2007 à Lisbonne, ou du renforcement de la capacité de l'agence Frontex et du premier exercice des équipes RABITS (intervention rapide aux frontières), à Porto.

L'initiative que nous lançons à présent a pour but d'aborder la thématique des migrations sous divers angles : migration et développement (envois de fonds et microcrédit); immigration régulière (opportunités) et immigration irrégulière. Nous souhaitons que cette réunion puisse déboucher sur une déclaration politique qui se traduira en mesures, en actions et en projets concrets.

Pour ce qui est de mesures spécifiques, un projet-pilote sera soumis pour adoption. Il s'agit d'un site proposant des informations sur les envois de fonds et des modalités expéditives inhérentes aux virements bancaires.

Nous espérons que cette réunion apportera une nouvelle impulsion politique au renforcement du dialogue interculturel, mais qu'elle favorisera aussi le rapprochement de nos sociétés et de nos cultures tout en ayant un impact réel sur la vie des citoyens et sur le développement des relations de partenariat qui existe entre les deux rives de la Méditerranée.

UE

Thursday, November 15, 2007

***L'UE et l'OTAN***

***Lorsque l'UE discute d'une défense européenne commune, la question de son rapport avec l'OTAN surgit rapidement. De nombreux membres de l'UE font partie de l'OTAN, mais pas tous. Jusqu'où peut aller la coopération de ces deux institutions ?



Jaap de Hoop Scheffer, le secrétaire général de l'OTAN, est presque obligé de mendier auprès des membres européens lorsqu'il s'agit d'augmenter les troupes d'intervention en Afghanistan. Même lors de la dernière conférence des ministres de la Défense des pays de l'OTAN, qui s'est tenue fin octobre 2007 à Noordwijk, aux Pays-Bas, le secrétaire général de l'Alliance a renouvelé sa demande de renforcement. Plusieurs Etats, dont la République tchèque et la Slovaquie, ont donné leur accord pour quelques centaines de soldats.

Les difficultés et les tensions auxquelles se trouve confronté le Traité de l'Atlantique Nord en Afghanistan ne sont pas résolues pour autant. La France et l'Allemagne, par exemple, ne veulent augmenter que le nombre des instructeurs militaires. La France, qui a un statut particulier au sein de l'OTAN, est toutefois prête à faire intervenir les instructeurs dans le Sud du pays en proie aux combats.

D'autre part, les ministres de la Défense ont décidé de réduire à une réserve minimum la troupe d'intervention rapide, la Nato Response Force, qui vient tout juste d'être formée, car de nombreux membres de l'OTAN voient leurs armées trop fortement grevées par la mission en Afghanistan. Pourtant, les pays de l'Alliance pourraient "lever sans problème" et les troupes pour l'Afghanistan et la Response Force, estimait Martin Winter dans le Süddeutsche Zeitung du 26 octobre 2007. "S'ils ne le font pas, c'est parce qu'il y a un problème d'identité. Cette hésitation à intervenir reflète leur incertitude face au devenir de l'Alliance."

Cette incertitude pourrait tenir au fait que plusieurs questions d'orientation fondamentales se posent aux membres européens de l'OTAN. Pour des pays comme l'Allemagne ou la France, il ne s'agit pas seulement de la direction dans laquelle évolue l'OTAN, mais aussi de l'avenir d'une défense européenne commune.

Une OTAN à la carte ?

En septembre dernier, le président français Nicolas Sarkozy a donné une nouvelle impulsion au débat sur les relations entre l'OTAN et l'UE en matière de politique sécuritaire, lors d'un entretien avec le New York Times : il laisse entrevoir le retour de la France dans les structures de commandement de l'OTAN, alors que le général de Gaulle, en 1966, avait retiré les forces françaises de la structure militaire intégrée.

Dans le Daily Telegraph du 21 septembre 2007, le député travailliste britannique Denis MacShane réclamait également le retour de la France dans l'Alliance Transatlantique : "Il est difficile de mettre en œuvre une politique de défense européenne commune tant que la France reste en dehors de l'OTAN." La France et la Grande-Bretagne pourraient accélérer ensemble le renouvellement depuis longtemps nécessaire de la stratégie de défense européenne. Car l'Europe aussi, expliquait MacShane, doit lutter contre les "ennemis de la démocratie" dans l'Hindoukouch ; non pas seulement avec une soft power, comme le font les Allemands en Afghanistan en formant la police et l'armée, mais aussi avec une hard power militaire.

En France, c'est surtout la gauche anti-atlantiste qui s'oppose à ce rapprochement. Elle préfère une OTAN "à la carte" plutôt que de commander d'emblée un menu complet, écrivait Arnaud La Grange dans le Figaro, le 26 septembre dernier.

Rapprochement envisagé en Suède et en Finlande

Le poids de l'Europe au sein de l'OTAN pourrait augmenter à long terme, et non pas seulement grâce au retour de la France. Actuellement, 22 des 26 pays de l'OTAN sont membres de l'Union européenne. Et la Finlande et la Suède, qui jusqu'à présent étaient neutres, commencent à envisager d'entrer dans l'OTAN.

Aujourd'hui déjà, les soldats suédois sont plus nombreux à servir l'OTAN que les Nations Unies, constatait le 16 juillet 2007 le journal suédois Expressen avant de conclure : "Il pourrait s'avérer très utile pour nous d'être mieux informés de ces opérations et de pouvoir les influencer davantage." Le gouvernement suédois refuse néanmoins, pour l'instant, d'adhérer à l'OTAN, essentiellement à cause de l'opinion publique, qui est sceptique.

La situation est semblable en Finlande. Le ministre de la Défense, Jyri Häkömies, a récemment déclaré que "la Russie représentait le plus grand défi pour son pays en matière de sécurité". Björn Mansson écrivait le 12 septembre 2007 dans le Hufvudstadtsbladet que le ministre tentait ainsi de raviver le débat sur l'adhésion de la Finlande.

L'UE compromet-elle la neutralité?

Tandis que les pays scandinaves et la France discutent de leur éventuel rapprochement de l'OTAN, l'Autriche se demande si la seule appartenance à l'UE ne compromet pas déjà la neutralité du pays inscrite dans le droit constitutionnel. Le parti conservateur ÖVP a brisé un tabou, durant l'été 2007, en proposant d'abolir le principe de neutralité.

Dans le quotidien autrichien Standard du 29 août 2007, Nina Weißensteiner jugeait "hypocrite" la protestation des autres partis contre cette proposition. "La politique de sécurité commune de l'UE, soutenue par une majorité d'entre eux, signifie naturellement un abandon total de la neutralité, à laquelle il aurait fallu de toute façon renoncer dès l'adhésion à l'UE."

Le spécialiste du droit international Manfred Rotter a indiqué dans le même journal, le 25 octobre 2007, que le nouveau traité de l'UE contenait une sorte de "casus foederis" pour l'UE. Manfred Rotter reconnaît cependant qu'une défense européenne commune n'est toujours pas d'actualité. Selon lui, "il manque également la possibilité d'influencer les Etats membres qui ont tendance à mener une politique de défense à haut risque dans leur coin, comme par exemple la Pologne et la République tchèque avec le bouclier antimissile américain."

L'OTAN, un rempart contre la Russie ?

Le cas de la Pologne et de la Russie met bien en évidence les divergences qui opposent les différents membres de l'UE dans leur perception de l'OTAN. Nikolas Busse faisait remarquer le 1er octobre 2007 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung que l'Europe était en train de se diviser en deux camps avant le sommet de l'OTAN qui se tiendra en 2008 à Bucarest. Comme au début de la guerre en Irak, explique-t-il, les anciens membres s'opposent aux nouveaux.

Dans le camp de la "New Europe", le chroniqueur tchèque Luboš Palata, entre autres, exprimait la crainte, dans le Lidové noviny du 9 mars 2007, que les membres de l'OTAN restent en recul derrière la Russie "en train de s'armer lourdement" et qu'ils se fassent même distancer par la Chine et l'Inde. Le Times avait déjà constaté en novembre 2006 qu'un grand nombre de nouveaux membres est-européens considéraient toujours l'OTAN comme "un rempart contre une agression soviétique", comme à l'époque de la Guerre froide.

Les nouveaux Etats membres critiquent également le fait que l'OTAN ne soit pas équipée pour certains enjeux. Lorsque le gouvernement estonien a été attaqué via Internet, en mai dernier, la vice-présidente du Parlement, Kristiina Ojuland, a évoqué la première guerre du XXIe siècle menée avec les armes de la technologie moderne. L'UE et l'OTAN devraient toutes deux s'interroger "sur la réaction à adopter."

Des troupes surchargées

Les représentants de la "Old Europe", de leur côté, n'ont pas très envie de provoquer la Russie. Les membres occidentaux de l'UE ont plutôt un regard global, exhortant l'UE, comme l'a fait récemment le ministre de la Défense portugais, à prendre sa responsabilité dans le monde. Elle le fait en collaboration avec l'OTAN – comme en Macédoine, en Bosnie et en Herzégovine – mais également toute seule. L'UE est en train de planifier une mission au Tchad dans le but de soutenir les réfugiés ayant fui la guerre civile au Soudan.

Mais dans ce cas aussi le recrutement des troupes est difficile. Le journal autrichien Die Presse en donnait la raison suivante le 28 octobre 2007 : la plupart des Etats membres de l'UE sont aussi membres de l'OTAN et se trouvent donc surchargés par le grand nombre des interventions. C'est pourquoi le quartier général de l'OTAN a récemment exprimé le souci que la réserve existante de soldats bien formés ne suffise plus à couvrir les besoins des triples missions de l'UE, de l'ONU et de l'OTAN.

Mettre fin à la rivalité

L'UE et l'OTAN doivent donc se compléter, suggérait Jacques Lanxade, ancien chef d'état-major des armées françaises, dans le Figaro du 28 septembre 2007. L'OTAN manquerait, selon lui, de moyens non militaires alors que l'UE en a à profusion, tandis que ses capacités militaires sont limitées. "Il faut donc s'efforcer de réduire la rivalité politiquement désastreuse qui oppose UE et Otan et s'attacher avec détermination à organiser leur coopération", estime Jacques Lanxade.

Mais cela risque d'être difficile, et la rencontre des ministres de la Défense des pays de l'OTAN à Noordwijk n'a pas été la seule occasion de s'en rendre compte. Valenti Puig écrivait le 25 septembre 2007 dans le quotidien espagnol ABC : "Dans l'UE, on parle de politique extérieure commune et d'armée européenne, mais les difficultés de coordination de l'OTAN en Afghanistan suffisent pour comprendre que tout va lentement."

de Johannes Gernert

Source : Eurotopics